dimanche 14 février 2016

Un étranger en transition de Charles Raines



Éditeur : Juno Publishing France
Parution : 8 janvier 2016
Pages : 131 (sur ma liseuse)
Prix : 3€99

Synopsis:

Un jeune linguistique opiniâtre signe un contrat de six mois pour traduire un "best-seller" de l'anglais au français, à la condition qu'il puisse faire le travail en France. Il n'a que mépris pour l'auteur du livre, déteste la morne routine du travail qu'il a à faire, et méprise la banalité de sa propre vie. Il lui manque quelque chose. Hésitant et frustré, ses désirs sexuels ambivalents sont inexplorés, mais toujours bouillonnants sous la surface. Se sentant comme un étranger, le seul moyen de faire face est de trouver une distraction, d'essayer de se fondre dans la masse, et s'efforcer d'embrasser pleinement le mode de vie des Français.

Le cimetière local offre un abri et la sérénité, et les ruelles de Marseille offrent le danger et l'excitation. Équilibrant les deux, il rencontre une succession d'hommes et à une série de rendez-vous érotiques qui le façonnent progressivement en l'homme qu'il a secrètement toujours voulu être.

Mon avis :

Je tiens à remercier Juno Publishing France pour ce nouveau service presse.

Lorsque j'ai vu ce roman passé sur la page facebook de la maison d'édition, le titre et la couverture m'ont de suite intrigué. Je n'ai lu que la première partie du résumé et j'ai eu envie de le découvrir. D'autant plus que les personnes l'ayant lu ont eu l'air de beaucoup apprécier leur lecture.

Dans ce roman, nous allons suivre un jeune homme dont la profession est traducteur. Il doit traduire un nouveau "Best-Seller" et a choisi de le faire dans le sud de la France. Pour lui, cette traduction est une torture. Le roman est mal écrit, inintéressant, sans parler de la célébrité qu'il la rédigé. Son petit côté British prend le dessus et il continue de se sentir comme un étranger. Il donne des cours particuliers à un adolescent de dix-huit ans qui est une vraie tête à claque.
Autant dire que sa vie n'est pas des plus joyeuses et réjouissante.

Notre jeune protagoniste est âgé de 26 ans. Il a un physique des plus séduisants et son style British lui donne ce petit truc en plus qui en ravira plus d'un ou plus d'une. Il a accepté ce contrat à la seule condition de pouvoir exercer son métier en France. Aujourd'hui, il se demande si le jeu en valait vraiment la chandelle. Ce manuscrit l'ennui, son quotidien l'ennui, sa vie l'ennui...
Ayant besoin d'argent, il a accepté de donner des cours particuliers à Luc, ce qui n'est pas de tout repos.
Au fur et à mesure des semaines, il prend sur lui et compte bien s'ouvrir au mode de vie des Français, plutôt que de continuer son existence solitaire. 
Son rituel quotidien d'apaisement consiste à se rendre sur un banc à l'ombre, son banc. Petite particularité, il se trouve dans un cimetière en face de la tombe d'un jeune inconnu sur laquelle personne ne s'y rend.

Luc est un jeune homme de dix-huit ans. Sa mère lui fait prendre des cours particuliers d'anglais afin de s'en débarrasser une heure chaque mercredi. Au lieu de s'investir et d'apprendre, celui-ci préfère se vautrer, fumer et mettre à rude épreuve les nerfs de notre cher traducteur. Une vrai tête à claque.

Il y a aussi, le Finlandais, le coiffeur, le joggeur et ce mystérieux inconnu dans la tombe.

Le style de l'auteur est fluide, sans fioriture et sans prise de tête ce qui permet une lecture très rapide de l'histoire. Sa plume est agréable et singulière. Son histoire est pour le moins originale et la fin plus que surprenante.
Malheureusement, en ce qui me concerne, les points positifs s'arrêtent là.
Le problème vient probablement du fait que je n'ai pas lu le résumé en intégralité et que, par conséquent je ne m'attendais pas vraiment à ce que s'y passe.
J'ai pris pour habitude de ne pas lire les résumés dans leur intégralité car, bien souvent ils en révèlent trop à mon goût. Je tiens à préciser que je suis simplement passée à côté de cette histoire. Certaines choses m'ont dérangé et peut-être que si j'avais compris la fin, ces mêmes point auraient trouvé pleinement leur sens.
Notre héros est en France pour une raison bien précise : traduire un roman, seulement voila il passe plus de temps à geindre, à se morfondre qu'à réellement travailler dessus. Dans le cadre de son métier, il prend certaines décisions et libertés que je trouve inconcevable.
Comme dit dans le résumé, ses désirs sexuels restent inexplorés et pourtant... A peine les découvrent-ils, qu'ils les enchaînent avec des partenaires différents (je ne spoile rien c'est écrit dans le résumé). Personnellement, je trouve cela dérangeant et peu crédible. 
En ce qui concerne son rituel quotidien d'aller chercher la sérénité dans un cimetière, je ne comprend vraiment pas. Qu'on soit croyant ou non, pour moi il y a des endroits pour faire certaines choses ou non. Une certaine scène se passant sous l'arbre abritant le banc m'a surprise voir choqué. Je ne comprend tout simplement pas ce choix, tout comme je n'ai pas compris la fin du roman.
Ce qui m'énerve le plus c'est que cette fin explique probablement certaines choses sans que cela ait un sens pour moi. J'ai beau chercher, je suis intimement convaincue de passer à côté de quelque chose, et c'est cette situation là qui me tape sur les nerfs. Je n'aime pas cette impression et ça me désole.
Si j'ai l'occasion de lire un autre roman de l'auteur, je le ferais avec plaisir. Pour déterminer si mon problème vient de cette histoire en particulier ou bien de la façon de l'auteur de nous les conter.

En résumé, une histoire qui n'a malheureusement pas su me convaincre. Une impression entêtante de passer à côté de quelque chose. Des idées pour le moins originales et une fin inattendue qui m'a laissé littéralement sur les fesses. Un style léger et sans chichi qui favorise une lecture fluide.
Je n'ai pas aimé mais je vous recommande de vous faire votre propre avis. N'oubliez pas que certains avis sont bien meilleurs que les miens.




Extraits:

"Je serrai les poings, mais je les gardais fermement le long de mon corps. J'étais venu au cimetière pour me détendre, pas pour être interrogé ou recevoir des compliments ambigus. Sur mon accent en plus! Mon français était parfait. Et le costume que je portais était parfaitement dans l'air du temps, qu'elle que soit ma nationalité."

"Un coup sur la porte interrompit mes idées diaboliques. Encore un peu plus d'ennui. J'avais oublié que nous étions mercredi. J'avais vraiment besoin de ça : une nouvelle leçon d'anglais avec un adolescent de dix-huit ans arrogant, dont la mère était persuadée que des cours particuliers 'feraient toute la différence' sur les progrès linguistiques de son fils. Luc n'était pas plus intéressé d'apprendre ma langue que je l'étais de la lui enseigner. Une autre heure à le regarder mâcher son chewing-gum, fumer des cigarettes qui sentaient affreusement fort et me regarder avec des yeux vitreux quand je tentai de lui faire faire quelque chose de productif, me rempli d'un sentiment de futilité."

"Pourquoi avais-je accepté ce contrat? La promesse de six mois dans le sud de la France, un appartement et une généreuse prise en compte des frais avaient paru être exactement ce dont j'avais besoin. Mais la réalité était toute autre, et n'avait certainement pas été à la hauteur de mes attentes."







2 commentaires:

  1. Malgré les quelques défauts, je dois avouer que tu as réussi à me tenter ma belle !

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    1. Coucou choupette, tant mieux si ma chronique te tente. Après je pars du principe, qu'une chronique n'est pas là pour obligé les gens à le lire ou au contraire de leur dire de passer leur chemin. Ce n'est que mon ressenti, et j'estime qu'il vaut toujours mieux se faire son propre avis. Bonne soirée et bonne lecture!!!

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