mardi 28 juin 2016

Le renard de Morlange d'Alain Surget




Éditeur : Nathan - Poche fantastique
Parution: 1995 (première édition)
Pages : 125
Prix : 4.50€

Synopsis :

Violences, humiliations : rien n'arrête le cruel comte de Morlange. Rien? Jusqu'au jour où un vieil ermite lui prédit que, s'il ne change pas sa conduite, il sera transformé en jeune renard les nuits de pleine lune... tout en conservant son esprit humain, et ainsi jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence! Si Renaud de Morlange est un fin chasseur, renard a, lui, bien des choses à apprendre pour affronter les dangers de la forêt...

Mon avis :


L'auteur est de ma région et les villes citées dans ce court roman sont aux alentours de là où j'habite. Ce livre n'est pas tout jeune. Quand il est sorti j'avais 10 ans et la bibliothèque municipale où j'allais (et vais toujours) le mettait à notre disposition. C'est donc une relecture. A l'époque, j'avais adoré ce récit et quand je l'ai découvert dans un magasin d'occasion, j'ai eu envie de le relire après toutes ces années.

Dans cette histoire, nous allons suivre Renaud de Morlange, le comte. C'est un homme odieux, cruel, froid et dictateur. Sa propre femme reçoit perpétuellement des ordres et elle est malheureuse. Un jour, lors d'une balade en forêt, le comte rencontre une vieil ermite qui s'est installé illégalement sur son domaine. Le comte entre dans une colère noire et s'en prend au vieil homme. Celui-ci essaye de lui faire entendre raison, mais c'est peine perdue. Il décide donc de lancer une malédiction sur le comte. Chaque nuit de pleine lune, il se transformera en renard tout en gardant sa conscience humaine, seul son corps changera d'aspect. Pour se délivrer, il devra se repentir. Si jamais pendant la nuit, ses vêtements d'homme venaient à disparaître, il ne pourrait pas redevenir un homme à l'aube et serait donc condamné à errer sous sa forme animale.


Renaud de Morlange est un homme qu'on apprend très vite à détester. Il est imbu de sa personne, froid, dictateur, cruel, prend un malin plaisir à détruire tout sur son passage, à humilier les gens qui vivent sur ses terres, etc... Au début, il ne croît pas à la malédiction, jusqu'à ce qu'il ressente les étranges effets de la pleine lune. Une fois renard, il lui faudra plusieurs mois avant qu'il ne commence à comprendre, à changer et à devenir plus humain malgré sa forme animale. Il faudra attendre qu'il perde tout ce à quoi il tenait pour qu'il comprenne ENFIN. Pendant ces mois passés uniquement sous sa forme de renard, il devra faire face à de nombreux danger. Au fur et à mesure, de légers changements s'opèrent. Mais peut-il vraiment changer du tout au tout?

Même si je l'ai vite détesté, certaines épreuves qu'il traversera m'ont touché et j'ai fini par ressentir de la peine à son encontre.

La comtesse Mathilde, sa femme, est de plus en plus malheureuse. Tous ces petits plaisirs lui sont interdit les uns derrière les autres. Le comte attend de sa femme qu'elle se contente de le mettre en valeur devant la société, qu'elle brode, mais surtout qu'elle ne le contredise jamais et laisse de côté tous ces passe temps. Lorsqu'elle découvrira la vérité sur les absences de son mari chaque nuit de pleine lune, celle-ci commettra un acte irréversible pour se libérer de son emprise à tout jamais. On la découvre ensuite, souriante, joyeuse, heureuse et aimante.

Qui pourrait blâmer cette jeune femme qui veut seulement sa part de bonheur? C'est une comtesse déterminée qui en a marre d'être cantonner dans ses appartements, marre de n'être considéré que comme faire-valoir et qui décide de prendre sa vie en main. J'ai apprécié qu'elle saisisse sa chance et arrive à se soustraire à l'emprise de son mari.

L'auteur a une écriture un peu compliqué pour une tranche d'âge 10-12 ans, heureusement qu'il donne les définitions en bas de page pour aider son jeune lectorat. Son écriture est néanmoins assez fluide grâce à ses annotations. c'est un roman qui se lit vite et bien. J'ai grandement apprécié le fait de connaître le nom des villes, de les situer et pour une fois qu'une intrigue se passe par chez moi (même si l'époque n'est pas la même) je ne vais pas m'en plaindre, car rare sont les romans prenant place ici.

L'histoire qu'il nous raconte ici n'est pas très originale car, sur certains aspects, elle ressemble au célèbre conte de La belle et la bête. Etant enfant, je n'avais pas vu les comparaisons entre les deux, mais aujourd'hui, je me rends bien compte.  
L'histoire est sympathique, néanmoins elle n'est pas non plus extraordinaire. Je l'avais pourtant tellement aimé à l'enfance. Je pense tout simplement que le fait d'avoir grandit et d'avoir lu tellement de romans depuis, à changer mon regard dessus.
Je ne le recommanderais peut-être pas à un lectorat adulte, mais à des enfants de 10-12 ans, pourquoi pas.

En résumé, une lecture mitigée. J'ai aimé que l'intrigue se déroule par chez moi et même si je l'ai vraiment adoré étant enfant, aujourd'hui, je trouve que les ressemblances avec un autre conte très célèbre sont trop visibles pour ne pas y penser. Une lecture qui se lit vite et bien, sympa, mais rien d'exceptionnel. Une lecture que je recommanderais plus facilement aux enfants qu'aux adultes.





Extraits :

"Je sais que Robert de Florange vous guette derrière chaque arbrisseau, prêt à vous conter fleurette. Vous resterez dans vos appartements, soumise à vos devoirs de femme comme de filer, tisser ou broder. C'est ainsi que la reine Mathilde passa le tiers de sa vie à tapisser les exploits de son mari."

" Le comte ne souffla mot de sa mésaventure. Il évita de s'enfoncer dans la forêt et négligea d'aller tracasser ses paysans du village de Budange, situé au flanc de la colline de Justemont. En revanche, il reporta sa mauvaise humeur sur les serfs et les vilains de tous les autres bourgs, si bien que, de Ranguevaux à Thionville, on ne parlait plus que de ses regrettables excès. Sa femme, n'osait plus sortir de sa chambre; petit à petit, elle commença à médire de lui avec ses jouvencelles de compagnie."

"Appuyée à sa fenêtre, la comtesse Mathilde l'observait dans la cour : il rudoyait son palefrenier qui ne sellait pas son cheval assez vite,jetait des ordres à ses soldats pour les presser de l'accompagner, tançait son écuyer pour n'avoir apporté qu'un vieil os à rogner. Quand elle les vit s'engager sur le pont-levis, elle retourna à sa tapisserie, songeuse."



2 commentaires:

  1. J'adore carrément ton avis ma belle, mais je ne suis pas sûre d'être tentée...

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    1. Merci <3 Moi j'ai surtout voulu le relire car, ça parle de ma région et qu'à l'époque j'avais adoré^^ Bonne journée!!!

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