samedi 10 décembre 2016

La classe de neige de Emmanuel Carrère




Éditeur : Folio
Parution : janvier 1997 (pour cette édition)
Pages : 147 pages
Prix : 6€50

Synopsis :

Dès le début de cette histoire, une menace plane sur Nicolas. Nous le sentons, nous le savons, tout comme il le sait, au fond de lui-même l'a toujours su. Pendant la classe de neige, ses peurs d'enfant vont tourner au cauchemar. Et si nous ignorons d'où va surgir le danger, quelle forme il va prendre, qui va en être l'instrument, nous savons que quelque chose est en marche. Quelque chose de terrible, qui ne s'arrêtera pas.

Mon avis :

J'avais découvert ce livre en faisant un tour chez Emmaüs.  Le résumé ne dit pas grand chose et a su m'intriguer assez pour que je me le procure. A l'occasion de ma participation au Challenge Cold Winter, je me suis dit qu'il était temps de le sortir de ma PAL.

Dans ce court roman, nous allons suivre Nicolas, un petit garçon qui part en classe de neige avec son école. Suite à un accident qui est survenu quelques jours auparavant, le père de Nicolas ne veut pas que son fils aille en transports en communs sur place. Il décide donc de l'y déposer, mais repart dans la foulée avec le sac d'affaires de ce dernier. Nicolas arrive donc après tout le monde et en plus, il n'a aucune affaire. Son arrivée risque d'être alors compliquée pour lui. Mais la suite, le sera encore plus...

Le résumé restant assez vague sur la menace, je n'en dirais pas plus.

Nicolas est un petit garçon gentil, il n'a pas confiance en lui ni aux autres et, de ce fait à tendance à rester à l'écart. Il ne comprend pas comment son père à pu repartir avec son sac et surtout pourquoi ce dernier ne lui ramène pas. La classe de neige va se révéler assez complexe pour lui. Il a du mal à s'intégrer avec les autres enfants et passera surtout son temps avec la maîtresse et Patrick, un des deux moniteurs. Au fur et à mesure, il nouera des liens avec ce dernier. Si au début j'ai su l'apprécier et avoir de la peine pour lui, cela n'a pas duré. Son comportement se fait de plus en plus étrange et inquiétant. Je n'arrivais plus à comprendre ce qui pouvait bien se passer dans sa tête pour en arriver là. Il ne se comporte pas comme devrait le faire un enfant de son âge et c'est bien dommage.

Patrick, est un jeune homme qui exerce la profession de moniteur de ski. Quand Nicolas arrive sans affaire, il décide d'aider le petit garçon à se faire sa place. Il est gentil, prévenant, consciencieux, drôle et attachant. C'est le personnage qui sait vous redonner le sourire et vous donnez envie d'avancer malgré tout.

Le père de Nicolas est un homme bizarre. Il travaille comme représentant en matériel médical et est toute la semaine sur les routes. Il est bourru, arrogant, malpoli, contradictoire et dès la première page, quelque chose m'a dérangé chez lui sans que j'arrive à identifier le pourquoi du comment.

Le style de l'auteur est particulier. Ses tournures de phrases m'ont un peu gêné et laisser perplexe. Malheureusement, pas grand chose n'a su me convaincre dans cet ouvrage. Dès le début on se retrouve plongé dans une ambiance sombre et limite malsaine. Je ne saurais pas comment vous l'expliquer exactement, mais dès les premières pages, j'avais une sensation bizarre et de mal-être. Je ne me sentais pas bien en découvrant ce récit. Il ne se passe pas grand chose concrètement dans cette histoire, c'est vraiment l'ambiance particulière qui fait de ce roman ce qu'il est. Je ne sais pas si l'auteur voulait qu'on sache à l'avance vers quelle horreur il nous menait, mais je l'ai assez vite deviner. Du coup, je n'ai pas eu de surprise qui aurait éventuellement pu améliorer mon ressenti sur ce texte. Un autre point qui m'a dérangé pendant la lecture c'est qu'on ne sait à aucun moment quel mois, quelle année ou à quel endroit précis se situe le récit. On a quelques indications grâce à l'environnement ou aux genres d'objets dont se servent les personnages mais c'est tout. On m'avait prévenu quand je l'ai commencé que c'était particulier et pourtant j'étais loin d'imaginer ce à quoi j'allais faire face. Je ne dirais pas que je regrette de l'avoir lu, mais clairement je ne le garderais pas et espère bien me le sortir très rapidement de la tête.

En résumé, un livre dérangeant à l'ambiance morose et limite malsaine. Des personnages trop particuliers pour avoir une chance de me séduire ou m'attendrir. Une révélation qui au final n'en ai pas une pour mois, car ça faisait un bon paquet de pages que je l'avais compris par moi-même. Même la plume de l'auteur ne pas séduite. Un livre que je ne conseillerais en aucun cas avant minimum 16 ans et pour les autres, à vous de voir si vous aimez ce genre d'ambiance ou non.


Extraits :

"Le départ pour la classe de neige avait eu lieu la veille, en autocar. Mais dix jours plus tôt s'était produit un drame, dont on avait montré des images aux informations télévisées : un poids lourd ayant percuté un autocar scolaire, plusieurs enfants étaient morts atrocement brûlés. Le lendemain se tenait à l'école une réunion pour préparer la classe de neige. Les parents devaient recevoir les dernières instructions concernant le trousseau de leurs enfants, les habits qu'il fallait marquer, les enveloppes timbrées dont il fallait les munir pour qu'ils écrivent à la maison, les coups de téléphone qu'en revanche il valait mieux éviter, sauf en cas de force majeure, afin qu'ils se sentent pleinement là où ils seraient et non retenus comme par un fil à leur milieu familial. Cette dernière consigne heurta plusieurs mères : ils étaient bien petits encore..."

"Nicolas partageait avec lui cette singularité, mais elle était dans son cas plus discrète et personne, espérait-il, ne s'en était aperçu. Personne ne pensait à l'inviter ni attendait d'être invité chez lui. Il était aussi effacé et craintif que  Hodkann était hardi et autoritaire. Depuis le début de l'année, il avait une peur terrible que Hodkann le remarque, lui demande quelque chose, et à plusieurs reprises avait fait des cauchemars dans lesquels il le choisissait pour souffre-douleur. Aussi fut-il très inquiet quand Hodkann, comme un empereur romain saisi au cirque d'un accès de mansuétude mit fin au supplice du pyjama."

"Pour se retenir, il mordilla son poignet, celui autour duquel Patrick avait noué le bracelet brésilien, un peu effiloché maintenant. Il repensa au jour de leur déménagement, un an et demi plus tôt. La décision de quitter la ville où il avait passé son enfance avait été prise très vite, dans une précipitation à laquelle il n'avait rien compris. Sa mère lui répétait avec une insistance véhémente qu'il serait beaucoup plus heureux là où ils allaient, qu'il s'y ferait plein de nouveaux copains, mais sa nervosité, ses accès de colère et de sanglots, sa façon d'écarter de la main, comme un ennemi, le rideau de cheveux ternes qui lui retombaient aussitôt sur le visage, laissaient peu de chance à Nicolas de croire ses paroles rassurantes."

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