jeudi 2 février 2017

Le garçon qui volait des avions de Elise Fontenaille




Éditeur : Rouergue
Parution : Janvier 2011
Pages : 64
Prix : 8€

Synopsis :

C'est l'histoire véridique de Colton Harris-Moore, emprisonné aux Etats-Unis depuis l'été dernier. A huit ans, il est accusé à tort du vol de vélo et déclare la guerre à la police. Il s'enfuit du foyer où on l'a placé et vit seul dans la forêt. Après des glaces au chocolat, des pizzas, des voitures de luxe et des bateaux, il dérobe son premier avion à seize ans, devenant ainsi l'ennemi public numéro un de San Juan, une petite île au large de Seattle.
Comme des millions d'ados dans le monde entier, et quelques adultes aussi, Elise Fontenaille est devenue une fan de Colton sur Facebook. S'inspirant de sa vraie vie, elle nous raconte l'histoire de celui qu'on surnomme désormais "le bandit aux pieds nus".

Mon avis :

Dans ce très court roman, on découvre une petite partie de la vie de Colton Harris-Moore, le bandit aux pieds nus. Avec une enfance des plus sombres, un père qui tente de le tuer alors qu'il n'a à peine que 3 ans, une mère alcoolique, suivez son parcours qui le conduira à devenir l'ennemi public l'ennemi public n°1. Un adolescent rusé et débrouillard qui défie la police et même le FBI pendant deux longues années.

Colton est un enfant qui a une vie bien compliquée et trop sombre pour son jeune âge. Très vite, il apprend à se débrouiller pour lui-même et n'a pas besoin de personne pour survivre. Un beau jour, il disparaît dans la nature et enchaîne les vols. C'est alors que commence sa vie de cavale. C'est un adolescent rusé, intelligent, têtu, provocateur envers les services de police, solitaire et on ne peut qu'être toucher par sa vie et le sort que l'avenir lui réserve. On a du mal à comprendre comment un petit garçon peut en arriver là.

Mo, la mère de Colton est une femme alcoolique, démunie et qui vit dans une caravane. A l'adolescence, elle a fait de mauvais choix qui l'ont conduit au résultat que l'on connaît. Lorsqu'elle ne travaille pas, elle plonge dans les bouteilles plutôt que de s'occuper de son fils. J'ai du mal à comprendre comment on peut mettre un enfant au monde pour ensuite ne pas s'en occuper. C'est une femme compliquée, démunie et je ne me demande si parfois, elle comprend la gravité des choses.

Seule personne toujours présente pour Colton, son grand-père qui est malheureusement décédé lorsqu'il était enfant. On ne sait pas grand chose de lui si ce n'est à travers quelques souvenirs évoqués par Colton. C'était un homme très porté sur la bouteille, mais jamais en présence de son petit-fils. Il était sobre lorsqu'il s'occupait de lui et tous les deux passaient de bons moments ensemble. Il apportait un peu de douceur dans le quotidien du jeune garçon.

Le style de l'auteur est fluide. Elise Fontenaille a fait le choix de centrer son récit sur quelques événements de la vie de Colton Harris-Moore afin de nous le présenter. Une jolie mise en bouche, mais qui appelle un festin. Malheureusement, il m'a manquait un fil conducteur reliant ces divers passages de sa vie. Ce livre retrace l'histoire d'un petit garçon perdu qui ne rêve que d'une chose : la liberté. Je n'ai été toucher que par lui et pour moi, même si ce récit est agréable, il aurait été préférable de prendre le temps de détailler cette histoire. Ceci n'est encore une fois que mon avis, mais j'aurais aimé qu'on retrace l'histoire plus en détails, en profondeur et cela aurait voulu la peine de ne pas se limiter à quelques événements de sa vie. Pour moi, ce récit est trop court et j'aurais aimé découvrir son histoire dans sa globalité pour mieux comprendre et appréhender les choses.

En résumé, un court récit sur un jeune garçon qui a su donner du fil à retordre à la police américaine, ainsi qu'au FBI. Une plume fluide, mais malheureusement pas de réel fil rouge entre les événements choisis ce qui donne un récit pas assez détaillé en profondeur. Au final, on en apprend très peu lors de notre lecture et on reste sur notre faim. L'ouvrage aurait gagné en beaucoup de choses à être plus construit et surtout plus complet.


Extraits :

"Je me voyais mourir, je sentais ma vie filer par la gorge, j'avais la langue noire, je respirais en sifflant... J'étais en train de mourir, mon père m'étranglait, ma mère n'était pas là pour l'en empêcher, comme dans la vraie vie... Une sacrée chance, qu'elle se soit réveillée en pleine nuit... Sans ça, je ne serais pas ici à vous raconter ma vie, en attendant de prendre les commandes du Cessna."

"Je vis toujours dans le noir, je m'éclaire à la bougie, je sais bien qu'une fenêtre éclairée dans l'obscurité pourrait me faire repérer, et adieu la liberté.
Tout le monde me cherche ici... Je dors un bout de nuit quelque part, je repars, je dors d'un œil, je disparais, toujours en mouvement, courant, marchant, nageant, au volant d'une voiture que je laisse au bord d'une route - j'ai un faible pour les belles bagnoles : entre un vieux 4X4 pourri et un modèle de luxe, je choisis toujours la plus belle... J'ai jamais appris, mais je sais conduire, j'ai regardé ma mère, à dix ans je savais : rouler c'est la liberté."

"C'est là que j'ai compris que j'étais devenu une légende : le voleur aux pieds nus. Je supporte pas d'être enfermé, même mes pieds n'ont jamais supporté les souliers... A l'école déjà, ça me posait problème... les flics avaient dû relever mes empreintes sur le sol des maisons, dans la poussière; c'est le surnom qu'ils m'ont donné."

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