vendredi 7 avril 2017

L'histoire de la Bête de Serena Valentino



Éditeur : Hachette Romans
Parution : 1er mars 2017
Pages : 192
Prix : 13€90

Synopsis :

C'est une histoire vieille comme le monde : celle d'un prince cruel transformé en Bête. Et celle d'une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l'amour qu'il ressent pour elle. Puis ils se marient et ont beaucoup d'enfants.

Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu'importe ce que l'on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu'est-ce qui a changé le prince en la Bête que l'on connaît?

Voici une de ces histoires.
Une histoire de bêtes, et bien sûr, de belles.

Mon avis :

Je crois qu'il n'est plus utile de vous dire mon amour pour tout ce qui touche à l'oeuvre originale de La Belle et la Bête ou la version Disney de 1991. L'histoire revient d'ailleurs de temps en temps, à la version Disney pour mon plus grand bonheur.
Dans ce roman on se concentre sur la vie du Prince avant qu'il ne devienne la monstrueuse bête que nous connaissons tous. Comment était-il avant la malédiction? Pourquoi avoir choisi cette voie plutôt qu'une autre? Qu'elle était son enfance? Comment vit-il sa malédiction? Et le fait, que tous ses sujets sont condamnés à un bien triste sort?
Autant de questions qui rythmeront votre lecture tout au long de ces 192 pages.

J'ai toujours voulu découvrir qui était l'homme avant la Bête et je dois dire que je suis comblée.
Le Prince est un homme cruel, égoïste, égocentrique, fier, orgueilleux... et j'en passe. Pour lui rien ne vaut la richesse et la lignée du sang. Il aime la chasse par dessus tout et son seul véritable ami est Gaston. Les deux hommes se connaissent depuis l'enfance et ne se sont jamais quittés. Ils peuvent toujours compter l'un sur l'autre.
Ce que j'ai le plus aimé dans cette histoire est le fait que tout se fait de manière progressive et non pas d'un claquement de doigts. Au début, le Prince est persuadé que cette histoire de mauvais sort n'est qu'une simple fumisterie. Il pense que la soi-disant enchanteresse utilise un stratagème pour le faire changer et devenir l'homme qu'elle aimerait. Puis au fil du temps, des changements vont s'opérer. D'abord très légers, presque infime. Mais plus il s'entêtera à prendre la mauvaise direction, plus les changements s'avéreront radicaux et ce, jusqu'à lui donner l'apparence d'une abominable créature.
Malheureusement il ne sera pas le seul à payer le prix très élevé de sa mauvaise conduite.
Que se passe t-il dans sa tête et son cœur pour passer d'un être humain infâme à une créature au physique monstrueux mais tellement attachante?

Gaston est le personnage prétentieux par excellence que je déteste depuis toujours. Après avoir lu ce roman, je me rend compte qu'au final il n'est pas le plus cruel et exécrable des personnages. Par moment, il subira lui aussi les propos de son ami d'enfance. Les deux hommes ont beau être soudés, le Prince ne peut s'empêcher de le rabaisser régulièrement ce qui le blessera plus d'une fois.
Gaston est l'équivalent d'un bras droit et pourtant, il oeuvre sans cesse dans l'ombre du Prince. Par moment, j'ai ressenti de la compassion à son égard. Enfin jusqu'à ce qu'il se comporte à nouveau comme un sombre crétin. Finalement je me dis que si les deux hommes n'avaient pas passés autant de temps ensemble, peut-être que la vie et le comportement de Gaston auraient été différents. Sans le savoir, c'est lui qui les conduira tous droit sur la malédiction.
C'est un homme froid, d'envergure, parfois sadique et irrespectueux, mais surtout à l'ego surdimensionné. Il pense savoir ce qu'il vaut et n'hésitera pas à tenter de convaincre quiconque croisera sa route. On peut dire que ces deux là font bien la paire.

Big-Ben est un serviteur loyal et attentionné. Malgré le fait qu'il subisse également la malédiction, il ne tourne pas le dos à son maître, bien au contraire. Il lui montrera toute l'affection qui lui porte et fera tout ce qu'il peut pour l'aider du mieux qu'il puisse. Il est têtu, protecteur, attentionné, doux, intelligent et attachant. J'ai aimé la personnalité plus poussée que l'auteure lui donne et ça fait chaud au cœur de voir qu'il s'applique autant pour les gens qui lui sont chers.

Une nouvelle fois, la plume de Serena Valentino m'a enchanté tout au long du récit qui est fluide et très addictif. Ses idées sont justes excellentes et tellement bien amenées que je verrais bien son histoire se mélanger à celle de l'oeuvre de base.

Dès les premières pages, je me suis plongée avec délice dans L'histoire de la Bête et n'en suis ressortie qu'une fois la dernière page tournée. L'auteure fait dans la délicatesse et la subtilité. Rien n'arrive comme un cheveu dans la soupe, tout est travaillé, construit et merveilleusement bien amené.
L'histoire se déroule de façon progressive, intelligente et oh combien intéressante. Que ce soit cette histoire ou celle de Miroir, Miroir qui raconte la vie de la belle-mère de Blanche-Neige, j'aime sa façon de voir et d'envisager ces fameux méchants. Je ne peux qu'espérer qu'elle ne s'arrêtera pas en si bon chemin.

En résumé, une histoire intéressante et bien menée qui a su me ravir et me transportée au cœur de l'intrigue. Une réponse grandement satisfaisante aux nombreuses questions que je me pose depuis mon enfance. Un livre que je recommande à tous les amoureux de cette histoire éternelle qu'est La Belle et la Bête.



Extraits :

"En cet instant, son esprit était accaparé par la jeune femme qui résidait au château : Belle. Si noble, si courageuse qu'elle avait consenti à prendre la place de son père en tant que captive. Quel genre de personne pouvait faire preuve d'une telle abnégation? Accepter de sacrifier le restant de ses jours, sa liberté, pour sauver son vieux père? La Bête se demanda si elle serait jamais capable d'un tel sacrifice. Était-elle seulement capable d'aimer?"

"Le Prince fit le choix de dédramatiser la situation et de s'adonner à ses occupations préférées : chasser, boire, vider les caisses du royaume et charmer les jeunes femmes. Bien sûr, il n'en oubliait pas Circé; il l'aimait. Cependant, il l'aimait comme il aimait son château, ses écuries remplies de belles bêtes. Elle aussi était une belle créature, et sa beauté était un trésor; car elle se reflétait positivement sur son royaume et sur lui."

"Bien sûr, tout le monde la prenait pour une originale au village, car elle ne se comportait pas comme la plupart des filles de son âge et qu'elle passait le plus clair de son temps le nez dans u livre. Elle préférait lire des histoires de princesses plutôt que d'en devenir une : quelle importance? Elle était reconnaissante envers son père de l'avoir toujours laissée s'exprimer librement, de lui avoir permis de vivre sa vie comme elle l'entendait. Il l'acceptait telle qu'elle était. Toutes les jeunes femmes n'avaient pas cette chance, elle s'en rendait compte à présent : elle avait eu eu une existence privilégiée."



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