mercredi 7 août 2019

A un cheveu de Lise Syven




Autrice : Lise Syven - Éditeur : Castelmore - Parution : 19 octobre 2018 - Prix : 14€90 - Pages : 416 - Lu en : papier - Lecture : Service Presse



Résumé :

En terminale dans un lycée parisien, Matthéo était un garçon tout à fait ordinaire... jusqu’à ce que la calvitie s’installe. Depuis, sa vie est un enfer. En plus d’être le souffre-douleur du lycée, Matthéo a perdu tout espoir d’attirer l’attention de la belle Suraya.
Résolue à l’aider, sa cousine le force à essayer un postiche, et, là, c’est la transformation : il est carrément craquant !
Pourtant, pas question de porter ses nouveaux cheveux au lycée : en attendant d’être à la fac, dans une ville où ne le connaît pas, il en profitera pendant le week-end. C’est décidé : il se fait passer pour Paul, le cousin de Matthéo le loser. Peut-être que lui saura plaire à Suraya...

Ce que j’en ai pensé :

Alors déjà il faut savoir que j’attendais le prochain roman de l’auteure avec une impatience folle. Etant tombée totalement sous le charme de sa plume lors de mes lectures de la duologie Saving Paradise, j’avais cette envie de la découvrir dans un autre genre littéraire. Je savais qu’il s’agirait d’un contemporain et pour être honnête, je n’ai jamais lu le résumé de ce roman avant d’écrire cet avis. Je savais vite fait de quoi il retourner car j’en avais entendu parler et je ne voulais rien savoir de plus. Avec certains auteur(e)s, j’aime plonger dans l’inconnu, tout simplement. Et Lise fait partie de ces auteurs.
Quand j’ai commencé ma lecture, je ne savais pas spécialement à quoi m’attendre et je suis donc aller au gré des rencontres, des difficultés et je suis entrée dans la vie de Matthéo comme un cheveu sur la soupe. Cette lecture est belle, touchante, intéressante, addictive et dans l’air du temps, si je puis dire. On y rencontre un lycéen qui souffre de calvitie précoce et qui voit son monde basculer du rêve au cauchemar en l’espace de quelques mois. On découvre alors son enfer quotidien, son mal-être, la cruauté et la bêtise des gens, et j’en passe. Mais Lise Syven ne s’arrête pas à cette thématique de calvitie, loin de là... On y retrouve les thèmes de l’homosexualité, de la différence de manière générale, de l’intolérance, du jugement des gens, du harcèlement scolaire, de la bêtise parfois extrême de l’être humain dans toute sa splendeur, sa capacité à détruire les autres sans remords ou scrupules, sa méchanceté gratuite, son besoin irrépressible d’écraser les autres pour se sentir mieux dans ses baskets et pour couronner le tout, la capacité de l’être humain a se faire passer pour une victime alors qu’en réalité, il est le bourreau. Mais attention, l’auteure ne compte en aucun cas nous faire plonger dans le pathos ou le tire-larmes, loin de là. Elle nous narre simplement l’histoire de Matthéo et des siens, avec une crédibilité et une justesse à toute épreuve, en y ajoutant quelques notes d’humour toujours bien distillées au long de ces quelques 400 pages.
Je suis une personne facilement révoltée par rapport à l’intolérance, la méchanceté gratuite, l’hypocrisie, les insultes et le harcèlement. Donc forcément, j’ai été très touchée par ma lecture de ce roman. Je pense que chacun devrait être capable de se remettre en question au lieu de toujours se dire que c’est la faute des autres, malheureusement ce sont souvent ceux qui n’ont rien demander à personne qui en sont capables, alors que les détracteurs trouvent cela tout à fait normal. Je pense que ce roman peut permettre de faire réfléchir les gens sans pour autant se vouloir moralisateur. Il permet simplement de se poser les bonnes questions, de montrer les conséquences de certains actes de façon concrète et de laisser le lecteur réfléchir et méditer sur cela. C’est fait pour que chacun puisse prendre conscience des choses par soi-même, ce qui je trouve, fonctionne souvent bien mieux que lorsqu’on fait la morale.
J’avais lu un chapitre et puis je n’ai pas pu continuer. Alors le lendemain, j’ai relu ce chapitre pour poursuivre ma lecture. Je n’ai plus jamais réussi à m’en défaire et il aura été lu sur la journée malgré son épaisseur. Je me suis attachée aux personnages tels que Matthéo, sa cousine Andréa, Manon ou encore les parents de Matthéo. Chacun fait de son mieux au quotidien même si ce n’est pas facile et même, s’ils leur arrivent de se tromper. Matthéo est un geek qui joue aux MMORPG, et ce fut une belle surprise pour moi, ancienne geek également sur les MMORG. J’y ai passé plusieurs années au travers de quelques jeux, entourée d’amis virtuels qui pour certains sont devenus de vrais amis au fur et à mesure du temps, des amis que je côtoie dans le monde “réel”. Cela m’a rappelé cette période avec une certaine nostalgie, d’autant qu’elle n’est pas si lointaine que cela. Pour une non-geek, Lise s’en sort très bien dans cet univers farfelu et parfois complexe quand on ne navigue pas dedans. J’ai vécu de nombreuses émotions pendant cette lecture : nostalgie, tristesse, colère, amusement, joie, incompréhension, la sensation de faim avec cette histoire de tartiflette, l’espoir, les désillusions, etc, etc...

Les points forts de ce roman :

·         La plume délicate et fluide de Lise Syven.
·         La thématique principale abordée ainsi que toutes les autres qu’on retrouve dans ces 400 pages.
·         Les personnages attachants qui sont la famille de notre héros, avec une mention spéciale pour Matthéo et Andréa. S’ils ne font pas toujours les bons choix ce sont des personnages qui savent se remettre en question et apprendre de leurs erreurs.
·         Le fait que l’auteure ne cherche pas à embellir la situation ou à la dramatiser.
·         Les personnages méchants et stupides qui eux aussi sont criants de vérité. Il suffit d’écouter les enfants dans votre quartier, peut-être même dans votre famille, pour vous en apercevoir.
·         Le côté geek qui a sa place dans l’histoire et pour lequel je vous laisserais découvrir pourquoi il est important et peut-être aussi, pourquoi autant de personnes s’y plongent.
·         Les émotions que m’aura procuré cette lecture.
·         Le récit est dynamique. Entre les secrets, les faux-semblants, les non-dits, les événements qui s’enchaînent, les disputes, le harcèlement, etc.… nous n’avons pas le temps de nous ennuyer.

Les points faibles de ce roman :

J’aurais simplement souhaité un épilogue plus long, plus étoffé et en découvrir un peu plus sur la vie d’adulte de Matthéo. Je sais que je suis gourmande, mais je n’aurais pas dit non à une bonne cinquantaine de pages supplémentaires^^

Recommandation :

SI vous souhaitez un livre abordant la différence mais sans être écrit dans le but de vous arracher les larmes, que vous aimez l’humour poilant de l’auteure, les personnages attachants et un récit d’actualité, je ne peux que vous le recommandez très, très, très chaudement !!!




Extrait :

“Aujourd’hui encore, il porte ma casquette. Hier, il m’a salué avec, histoire de m’humilier un peu plus. Toutes les petites joies comptent, n’est-ce pas ? Parfois, je l’envie. Il doit lui en falloir peu pour être heureux. Ma mère croit que les types dans son genre écrasent les autres pour se rassurer, parce qu’ils sont malheureux et qu’ils ont besoin d’avoir le contrôle. A mon avis, elle se trompe. Il y a une tripotée d’êtres humains qui jubilent de faire souffrir leur prochain ; inutile de chercher plus loin.”

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