samedi 3 août 2019

Magic Charly, tome 1 : L'apprenti




Autrice : Audrey Alwett – Illustrateur : Stan Manoukian – Editeur : Gallimard jeunesse – Pages : 416 – Prix papier : 16€50 – Prix numérique : 11€99 – Lecture : personnelle – Lu en : papier – LECTURE COMMUNE avec Marilyn et Sylvie – Genre : Jeunesse – Fantastique



Résumé :

On peut avoir un chat doué de capacités hors du commun et tout ignorer de l’existence des magiciers. C’est le cas de Charly Vernier, jusqu’à ce qu’il découvre que sa grand-mère pourrait être un membre éminent de cette société. Mais elle court un grave danger. S’il veut la sauver-et se sauver lui-même- Charly n’a pas le choix, il lui faut devenir apprenti magicier.
Beignets de prédiction, grimoires volants, serpillière enchantée et pilleur d’âmes…Bienvenue dans le monde ensorcelant de Magic Charly !

Mon avis :

Connaissant l’autrice pour ses BD de Princesse Sara, le dessin animé de mon enfance qui m’aura tant fait pleuré, j’ai eu envie de la découvrir sous la forme de roman. De plus, et même si dans mon cas la couverture n’influence ou ne freine pas un achat, je dois bien reconnaître qu’elle est juste canon. Cette couverture est divine et représente tellement bien ce premier tome.
Dans ce livre, nous découvrons Charly Vernier, un jeune garçon qui goûte les beignets de prédiction de sa grand-mère dans l’insouciance la plus complète. Malheureusement, la situation va vite dégénérer… Charly joue à cache-cache et sa grand-mère rentre dans le jeu. Lors de la découverte d’un message, la grand-mère est saisi d’effroi. Elle décide de renvoyer Charly chez sa mère au plus vite et disparaît brutalement avec sa roulotte. Pendant cinq longues années, Charly et sa mère n’auront plus aucune nouvelle. Un beau jour, un coup de fil étrange leur apprend qu’elle a été retrouvée à l’autre bout du pays, désorientée, et qu’elle a visiblement perdu en grande partie sa mémoire. Ni une, ni deux, Madame Vernier décide de lui aménager une chambre chez eux.
C’est ainsi que tout commence pour Charly ! La découverte d’un monde extraordinaire, de la magie, ses codes, ses merveilles, mais aussi et surtout de ses dangers.

Comme à chaque fois que l’on voit une telle communication sur un titre, je suis inquiète. Inquiète de ne pas aimer, de passer à côté, ou tout simplement saoulée d’en entendre parler en boucle. Ici, l’avantage c’est qu’on l’a aperçu dans de nombreux book haul, mais je n’ai vu passer qu’un voire deux avis, donc j’en ai profité pour me plonger dedans très rapidement. Et je reconnais volontiers que j’en suis plus que ravie.
Charly est un adolescent de 14 ans qui vit seul avec sa mère. Elle est la directrice de son école et exige de lui autant que pour n’importe quel élève. C’est un ado bien élevé, intelligent, charmeur, drôle, et qui prend volontiers la défense des autres. Il est foncièrement gentil et n’aime pas les conflits. S’il peut arriver à calmer le jeu, au lieu de jouer des poings, il le fait volontiers. Pour le reste, il n’a rien du héros cliché. Il a la peau noire, n’a pas le physique d’un Dieu vivant, n’est ni le Bad boy ni le mec populaire de l’école, plutôt bon à l’école, mais pas très doué en devinettes ou magie. C’est un personnage authentique qui échoue parfois. Il commet des erreurs, il patauge dans cet univers inconnu, et n’excelle pas dans tous les domaines. Néanmoins, sa grande force de caractère réside dans son obstination à ne jamais abandonner tant qu’une lueur d’espoir brille.

June est sa meilleure amie. Ses parents ont une entreprise qui tourne parfaitement et espère la voir reprendre le flambeau familial, sauf que la jeune fille a bien d’autres projets. C’est une adolescente qui n’a pas froid aux yeux, déterminée et intelligente, et sa spécialité est sa capacité à avoir de merveilleuses idées pour semer la pagaille. Son passe-temps favori : trouver la pire bêtise à commettre. Elle apporte un grain de folie et une grande dose de bonne humeur aussi bien à Charly, qu’à nous lecteurs. Quelque chose me dit qu’on est loin de tout savoir sur elle, et qu’elle saura à coup sûr nous surprendre dans les prochains tomes. D’ailleurs, je n’en attends pas moins d’elle.

Sapotille est une élève sérieuse, bonne première de la classe, et ses camarades se font un malin plaisir de l’embêter quotidiennement., sauf Charly, qui ne supporte pas cela. De nature solitaire, consciencieuse, elle n’a besoin de personne pour la défendre. Derrière son caractère limite fougueux et sauvage, se dissimule une héroïne touchante et mystérieuse. Sapotille porte des lunettes et des vêtements amples, elle est donc bien loin de l’héroïne bimbo.  Elle n’a pas froid aux yeux et pas sa langue dans sa poche. Je trouve que le trio qu’elle forme avec Charly et June est drôle, frais, intéressant à suivre, atypique et plaisant. Chaque personnage est bien différent et le tout fonctionne à merveille. Sapotille est sans doute le personnage qui m’intrigue le plus par bien des aspects. J’ai hâte de découvrir son vécu et ce que l’avenir lui réserve.

Il y a bien d’autres personnages, mais si je commence à vous parler de chacun d’entre d’eux, vous n’aurez plus de surprises, et au lieu de lire un avis, vous aurez la taille d’une nouvelle lol.

Audrey Alwett réinvente la magie et ses codes pour nous offrir sa vision des choses. Une vision innovante et rafraîchissante. Le premier tome pose les bases de l’univers, les liens qui unies les personnages, la mythologie de vigueur, et aurait pu se contenter de cela. Après tout, il n’est pas rare qu’un premier tome ne serve que d’introduction au reste de la trilogie/saga. Mais il est tellement plus que cela. Dès les premières pages j’ai été happée dans cet univers. Dès le début, j’ai été séduite par ce que je lisais. Que ce soit pour l’univers, la mythologie mise en place, la façon de nous raconter cette histoire, la plume de l’autrice, les événements qui s’y passent, le mystère, la magie, les personnages humains, le chat, la serpillière, l’humour, les répliques piquantes, les moments touchants, les révélations ou encore les complots mis en place. L’autrice nous offre une folle aventure qui nous émerveillera. Une chose est sure, on ne voit absolument pas défiler ces 416 pages. Je tiens aussi à mettre à l’honneur, tout ce qui touche à l’école : L’école des Allumettes Hurluberlu que j’ai adoré et qui ne manque pas d’imagination.

Le texte est travaillé, la plume fluide et non infantilisante, l’univers bien construit, la réinvention de tout ce qui touche à la magie est revigorante, le choix de placer cette histoire en France, et l’originalité des prénoms choisis. J’apprécie aussi grandement que l’autrice n’est pas succombée à l’appel des personnages stéréotypés, sans pour autant faire des siens des martyrs. Si certains événements étaient attendus, d’autres ont su me surprendre au point de me laisser sur les fesses.

En résumé, un excellent premier tome où l’ennui n’a pas sa place. Une mythologie différente, originale et qui permet de se détacher de ce qu’on a déjà pu lire auparavant. Des personnages attachants et qu’on a envie de retrouver très rapidement. Et le tout dans un style et une plume envoûtants.


Extraits :

"L’ouvrage fit poussivement défiler ses pages devant les yeux de Mornille et elle eut le cœur serré en constatant que l’encre en était presque complètement effacée. La perle blanche incrustée dans la reliure était ternie, elle aussi. Mornille referma le volume et le reposa : ça ne se faisait pas de toucher le grimoire de quelqu’un d’autre.
Assise dans son fauteuil à bascule, la propriétaire du grimoire, Dame Mélise, gardait les yeux dans le vague. Mornille avança une main timide pour rajuster l’étole qui s’était avachie sur le bras trop maigre de la vieille dame.
Cette dernière avait meilleure allure, à présent… Quand Mornille l’avait retrouvée, elle était si sale, si dépenaillée… !"


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