samedi 20 février 2016

L'île de l'oubli de Melissa De La Cruz




Éditeur : Hachette - Romans
Parution : juillet 2015
Pages : 303
Prix : 15€90

Synopsis :

Il y a 20 ans, les Méchants ont été bannis du royaume d'Auradon et emprisonnés sur l'Île de l'Oubli, un lieu sombre et morne protégé par un champ de force. Privés de leurs pouvoirs magiques, les Méchants et leurs descendants vivent désormais dans l'isolement le plus total.
Cependant, au cœur de la Forêt Interdite, se cache l’œil du Dragon, la clé des véritables ténèbres, et de leur liberté. Seul le plus perfide, le plus sournois, le plus machiavélique pourra s'en emparer.
Une quête pleine de dangers puisque le pire risque d'arriver : même les Descendants peuvent faire preuve d'un peu de gentillesse! Et contrairement à ce qu'ils pensaient, ça ne fait pas de mal.

Les mauvaises graines donnent-elles toujours de mauvais fruits?

Mon avis :

Comment dire? Il s'agit d'une réécriture de contes concernant cette fois les grands Méchants et surtout leurs descendance. Il ne m'en a pas fallu plus pour acheter ce roman.

Dans cette histoire, nous retrouvons Jafar et l'insupportable Iago, Maléfique, la méchante Reine de Blanche-Neige, Gaston, Cruella, etc... 
Cela fait vingt longues années que les Gentils les ont condamnés à l'exil sur cette île. Privés de leurs magie, ils n’en restent pas moins avide de pouvoir. Depuis les fins des contes telles qu'on les connaît, nos grands Méchants ont changés. L'endroit où ils vivent est sombre et répugnant à souhait. Pendant que les rois, les reines et leurs entourages profitent des merveilles de la nature et ne lésine pas sur la nourriture, les habitants de l'île de l'oublie doivent se contenter de leurs restes. Leurs vies sont un véritable calvaire et grâce à leurs enfants, ils comptent bien retrouver leur situation d’antan.

Nous allons suivre quatre de ces descendants tout au long de cette histoire. Tout d'abord, Carlos, le fils de Cruella. C'est la tête et le petit génie du groupe. Grâce à l'une de ses inventions, leurs destinées est sur le point de changer à jamais. C'est le plus "gentil" de tous. Sa mère n'a aucun égard pour lui et le traite tel un esclave, la seule chose qui a de l'importance à ses yeux et qu'elle aime plus que tout sont ces fourrures. Je me suis beaucoup attaché à ce jeune garçon dont la vie n'est pas simple. Il trime et fait de son mieux mais ce n'est jamais suffisant. Tout le monde se sert de lui et j'ai eu bien de la peine pour Carlos. Malgré son côté quelque peu trouillard, il n'hésitera pas à aider ses "meilleurs ennemis" dans leur quête.
Le second garçon se nomme Jay et il n'est autre que le fils de Jafar. C'est un menteur et voleur qui excelle dans l'art de la manipulation. Il est têtu, séducteur et a beaucoup d'humour. Son histoire personnelle m'a laissé quelque peu indifférente, je n'ai pas vraiment réussi à m’identifier ou m'accroché à lui. A certaines reprises il m'a même énervé. Cependant, au fil des pages il devient moins insupportable.
Viens ensuite Evie, la fille de la Méchante Reine. Sa mère a perdu son éternelle beauté au fil des ans et la seule chose qui lui importe maintenant, est de reporter son obsession sur Evie. Pour une raison que je vous laisserais découvrir par vous même, Evie a passé 10 années reclue dans le château délabré qu'elle occupe avec sa mère. A 16 ans, la voila qui découvre enfin le lycée, les garçons, les soirées, l'aventure, les faux semblants, etc... Sa naïveté et son courage m'ont touchés. Elle accorde bien moins d'importance à la beauté physique que sa mère, chez elle, cela ne vire pas à l'obsession. Elle est de nature relativement calme, téméraire et ne se laisse pas démonter facilement même si sa naïveté lui jouera quelques mauvais tours.
Pour finir, il y a Mal, la fille de la terrible Maléfique qui n'a pas hésité à plonger tout un royaume dans un sommeil profond de cent ans, tout ça parce qu'elle était vexée de ne pas recevoir d'invitation. Ce qu'elle souhaite de sa fille : qu'elle devienne la plus machiavélique de toute et qu'elle soit enfin digne de porter son nom.
L'adolescente est perpétuellement rabaissée par sa mère et n'hésitera pas à se mettre en danger pour tenter de faire la fierté de celle-ci. Elle est de tempérament coriace, rancunière et se donne des allures de méchante au cœur de pierre. Mais l'est-elle vraiment? Elle est en quête de reconnaissance et est considérée comme une moins que rien. Cette partie là précise de sa vie m'a touché car ça ne doit pas être simple tous les jours de voir la déception dans les yeux de la personne qui est censé vous aimez de façon inconditionnelle. Après, son caractère peau de vache n'est pas assez exploité dans le sens où elle est censée être la plus machiavélique de toute.

Le style de l'auteure est très jeunesse, fluide et agréable. Une lecture qui fait du bien de temps à autre. J'ai apprécié le fait que Melissa De La Cruz décide de donner la parole aux Méchants les plus connus mais aussi aux familles des Gentils (même si le livre ne tourne pas autour d'eux). Elle nous offre ici, une vision bien à elle de ce qui se passe après les " Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants". L'idée de base est originale et certains aspects sont plaisants. J'ai aimé le fait que leur quête leur donne quelques complications, qu'ils soient mis face à des situations où ils devront enfin ouvrir les yeux pour arriver à leurs fins, j'ai aimé le parallèle fait entre les deux mondes, malgré le fait que là encore ce n'est pas assez exploiter. Malheureusement pour moi, cela n'a pas suffit. L'auteure aurait pu faire tellement plus avec une telle idée et je ressors déçue de la tournure des événements. Pour être honnête, nos Méchants, ne le sont plus vraiment, ils ont vieillis, ils sont affaiblis et sont devenus plutôt pitoyables. Certes, ils n'ont plus aucun pouvoir mais ont-ils vraiment besoin d'en avoir pour être de vilains, machiavéliques et faire de la vie de leurs ennemis un enfer? Au lieu de cela, ils passent leur temps à geindre sur ce qu'ils n'ont plus, à dévaloriser et rabaisser leurs descendance, et à transférer leurs différentes obsessions sur les enfants. Je m'attendais clairement à plus de noirceurs, de méchancetés et de coup bas que ce que j'ai découvert.

En résumé, une lecture sympa mais qui n'a rien d'exceptionnelle. Un roman qui sera probablement vite oublié pour ma part. Une très bonne idée de base très originale mais totalement sous développée à mon sens. Une lecture jeunesse fluide et rafraîchissante à condition de ne pas trop en attendre. Un livre que je vous conseillerais uniquement si vous souhaitez une lecture sans prise de tête et que vous n'avez plus rien à lire.





Extraits :

"Aujourd'hui, leur existence n'avais plus rien de grandiose. Nos méchants étaient devenus ordinaires et ennuyeux. Ce fut donc avec excitation, mais sans les pom-pom girls, que ces pitoyables habitants se rassemblèrent à l'occasion d'un événement inédit : l'anniversaire diabolique d'une princesse qui allait fêter ses six ans. Diabolique, certainement, mais n'oublions pas que la fête se passait à l'ombre du bouclier qui lime les griffes."

"Cruella menait Jasper et Horace à la baguette, mais Carlos était loin d'en obtenir autant de Harry et Jace. Les rejetons traînaient vaguement dans le coin parce que leurs pères l'exigeaient et qu'ils avaient peur de Cruella. Carlos les tenaient donc pour ses deuxièmes et troisièmes meilleurs amis. Il n'avait pas d'ami numéro un, mais il en connaissait suffisamment sur la question pour savoir qu'un véritable ami ne vous colle pas comme une moule à son rocher et ne vous renvoie pas bêtement votre écho."

"Jay accéléra. Il ne craignait pas les ténèbres, au contraire : il en dépendait. Le seul truc qui le dérangeait sur l'île, c'était la nuit qui vous tombe dessus comme un éléphant. Jay chopait toujours ses meilleures prises quand les mauvaises gens sont au fond de leur lit. Ses yeux de chat perçaient l'obscurité. Son environnement déglingué et rapiécé, c'était sa vie. Il se fichait de la grandeur passée des uns et des autres, y compris celle de son père."

"Jamais elle n'acceptait la défaite, encore moins quand elle était d'humeur cafardeuse, comme ce soir. Ce qu'elle pouvait être bornée, parfois. C'était dans ces moments-là que Jay se rendait compte des effets désastreux de l'éducation de sa maniaco-méchante de mère. Il ne blâmait pas son amie, après tout, qui pourrait contredire Maléfique?"




2 commentaires:

  1. J'ai vu que la déception était grande pour beaucoup et tu le confirmes aussi...C'est vraiment dommage, parce que je suis fan de tout ce qui touche aux contes !

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    1. Coucou, et oui... Le résumé nous promet beaucoup de choses pour finalement nous laissé sur notre faim. C'est dommage mais bon... et j'ai vu que la suite allait probablement sortir mais je m'arrêterais là pour ma part. J'ai assez de romans à lire sans continuer des séries qui ne m'ont pas convaincues. Bonne fin de semaine et bonnes lectures!!!

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