dimanche 1 mai 2016

La symphonie des abysses, tome 1 de Carina Rozenfeld




Éditeur : Robert Laffont - Collection R
Parution : Février 2014
Pages : 457
Prix : 17€90


Synopsis :

VOUS PENSEZ ETRE AU PARADIS?
Un gigantesque atoll, des plages de sable fin, une eau turquoise..
Un mur infranchissable.

IL VOUS FAUDRA D'ABORD VIVRE EN ENFER.
Article 1 : Tout contact physique, toute marque d'amour sont proscrits.
Article 2 :  il est interdit de chanter, d'écouter ou de faire de la musique.
Article 3 : Quiconque se livrera à ces activités illicites sera mis à mort.

VOUS N'ETES PERSONNE.
VOUS APPRENDREZ A OBÉIR. 

Mon avis :

Après en avoir entendu parler à de maintes reprises, je me suis dit que je le tenterai. Au SDL 2015, j'ai eu la chance de tomber au bon moment dans les dédicaces, de pouvoir voir et parler un petit peu avec Carina Rozenfeld. D'un coup, j'ai eu envie de le sortir de ma PAL et me voila donc pour vous donner mon avis.

Dans ce premier tome, nous allons suivre Abrielle.
Une jeune fille qui vit dans une petite communauté régit par de nombreuses lois, parfois très bizarre pour nous. Leur quotidien ne varie jamais. Tous les jours, ses habitants se lèvent, aident leur communauté en faisant diverses corvées,etc... De temps en temps, il leur arrive d'avoir un petit peu de temps pour eux, puis vient l'heure du repas et du cordial du sommeil. Leurs vies sont réglés comme du papier à musique.
Abrielle s'ennuie fermement et souhaite plus que tout se laisser emporter par la musique. Elle possède des réminiscences qui lui viennent de son père, disparu du jour au lendemain, et sa vie est plus que jamais en danger. 

Je ne vais pas pouvoir en dire beaucoup au risque de révéler trop d'éléments. Ce que j'ai le plus apprécié, c'est de découvrir tout ceci au fil des pages.

Abrielle est une jeune fille qui vit uniquement avec sa mère, depuis la disparition de son père. Elle est gentille, têtue, secrète, solitaire, rêveuse et déterminée.
C'est une jeune fille qui m'a touché et dont j'ai adoré suivre le parcours. Sa vie est terne, monotone, elle a perdu son père et sa vie devient un enfer. Comment rester insensible aux épreuves de la vie qu'elle subit?

Abela est la mère d'Abrielle. Depuis la mort de Paol, son mari, elle tente de trouver du réconfort au sein de sa communauté et de son amie Baako. Elle se consacre à ces tâches en y mettant toute sa force et sa volonté. Elle évite de penser. Néanmoins, elle s'inquiète pour sa fille. Elle sent que les réminiscences d'Abrielle ne vont pas tarder à refaire surface et se confie à Baako sur ce sujet. Une femme touchante qui a peur de perdre la seule famille qui lui reste, sa fille.

Braden était le meilleur ami, puis le petit ami d'Abrielle. Le jour où le père de la jeune fille a disparu, il était accompagné du père de ce dernier. Il tient Abrielle responsable de la disparition de leurs pères respectifs et depuis ce jour-là, il traque la jeune fille. Il espère la prendre en flagrant délit de réminiscence et pouvoir ainsi se débarrasser d'elle, une bonne fois pour toute. Il est condescendant, sûr de lui, vicieux et je lui aurait bien remis les idées en place...

Dans ce roman, nous allons nous méfier tour à tour de tous les personnages, sont-ils vraiment tels qu'ils le laissent paraître? Quels mensonges nous serons dévoilés? Et surtout, le Monde ressemble t-il vraiment à ce qu'on leur dit?

Ce premier tome m'a permis de découvrir la plume de Carina Rozenfeld. J'ai beaucoup aimé celle-ci. L'écriture est fluide, naturelle, prenante et intéressante. L'auteure nous donne ici les bases de son histoire mais pas uniquement... Nous avons le droit aux bases, à des rebondissements, de l'action et des révélations.
Elle a su créer un univers riche et complet, tout en restant suffisamment simple dans ces explications pour ne pas perdre le lecteur. Ses personnages et leurs histoires respectives sont intéressants, originaux et maîtrisés. Je peux d'ores et déjà vous dire, que j'ai hâte de lire le second et dernier tome pour savoir ce qu'il va arriver à nos héros. Autre chose que j'aime énormément avec cette auteure, est le fait que ses sagas soient en fait des diptyques. Par conséquent, nous n'avons jamais à attendre trop longtemps pour connaître la fin de ses récits.
Le seul bémol que je trouve à ce premier tome, concerne la seconde partie. Je ne peux rien vous dire dessus de précis sans spoiler, mais en gros les "iels" m'ont un peu perdu au début et il m'a fallu une bonne cinquantaine de pages pour m'y faire. Néanmoins, c'est une idée de génie que vous comprendrez en lisant. 
Carina Rozenfeld aborde ici plusieurs thèmes comme : les attentes des autres à votre égard, la pauvreté, l'homosexualité, la confiance en soi, l'amitié et l'amour. J'ai apprécié retrouver autant d'aspects en un seul roman qui en plus, ne comporte aucun triangle amoureux. Alleluia!!! 
J'en ai marre des triangles amoureux à répétitions, surtout présent dans la littérature jeunesse.

En résumé, ma lecture fut plaisante, simple, fluide, et a su me proposer du contenu riche qui ne manque pas d'originalité. Des thèmes abordés qui ont su me convaincre, ainsi que des personnages secrets, compliqués, tordus ou intéressants. Un côté "scientifique" qui agrémente le tout et nous conduit là où ne s'y attend pas. De l'action, du rebondissement, des révélations et une fin qui appelle la suite.




Extraits :

"Abela sourit en observant sa fille se diriger vers le bord de mer. Oui, cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas profité de l'eau magnifique du vaste lagon circulaire. Elle devrait peut-être y allait elle aussi. Elle avait terminé tôt aujourd'hui. Pour une fois. Mais une immense lassitude s'abattit sur ses épaules. Finalement, elle n'avait pas le courage d'aller jusque là-bas, d'emprunter le Pont dans le Vent. Mieux valait pour elle qu'elle rentre dans sa cellule et qu'elle profite de son temps libre, trop rare, pour faire la sieste."

"Ici, au beau milieu de la nuit qui avait succédé à la tempête, alors que le silence complet plombait l'immeuble, le village, l'Anneau, il ressentait le besoin de se lever, de renverser la chaise, la table, de frapper Wilrick pour le faire taire, lui et ses sermons insupportables, de sortir, d'aller respirer la fraîcheur de la nuit, de courir jusqu'à la plage et de se laisser avaler par les eaux, pour ne plus distinguer les frontières trop étroites de sa vie."

"Finalement, elle l'atteignit. Un petit ruisseau d'eau pure, transparente et fraîche. Elle s'allongea à plat ventre et plongea ses lèvres directement dans la source. Elle s'en abreuva jusqu'à ce que son ventre soit gonflé, sa gorge désaltérée.
Après ça, elle eut tout juste la force de trier le contenu de sa sacoche : les fruits étaient sales mais pas encore gâtés. Elle les rinça précautionneusement et s'en contenta pour le dîner. Puis, s'enveloppant dans le veste de son père, s'enroulant dans les hautes herbes, elle s'endormit, sous la voûte extraordinairement étoilée du ciel, bercée par les grillons et les hululements lointains des chouettes."




4 commentaires:

  1. Ah, une duologie que j'ai tout simplement adoré, la suite est absolument magnifique !

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    1. Si j'ai le temps, je le lis en mai pour les Imaginales, sinon ce sera pour avant la fin de l'année.

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  2. Pas de triangle amoureux c'est clair que c'est tant mieux ! J'aimerais beaucoup lire cette duologie un jour, j'avais lu Phaenix de la même auteur que j'avais adoré :)

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    1. Bonsoir Virginie, Phaenix est dans ma PAL également. J'espère aimer autant que toi du coup. Bonne soirée et bonne lecture!

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