samedi 28 janvier 2017

A la place du cœur, saison 1 de Arnaud Catherine



Éditeur : Robert Laffont - Collection R
Parution : 01/09/2016
Pages : 252
Prix : 16€

Synopsis :

Six jours dans le peau de Caumes qui vit son premier amour.

Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi.

Mon avis :

Ce livre me faisait envie depuis le jour de sa sortie. Dans le contexte actuel, je me suis dit que c'était le genre de livres à découvrir. Je m'attendais à un ouvrage bouleversant avec tout de même une note d'espoir.

Dans cette première saison, nous rencontrons Caumes et ses amis : Hakim, Kevin, Théo et la fameuse Esther. Ils vivent leurs vies de lycées à coup de fêtes, d'alcool, de joints et d'excitation (dans tous les sens du terme). Alors que Caumes découvre l'amour avec celle pour qui il craque depuis un moment, les attentats de Charlie Hebdo ont lieu ainsi que tous les événements qui en découlent. Entre amour et atrocités, nous allons suivre 6 jours dans le quotidien de ces lycéens.

Caumes est un lycéen de 17 ans. Il a un grand frère journaliste sur Paris et rêve à son tour de quitter le bled paumé dans lequel il vit pour éviter un avenir peu réjouissant. Il aime faire la fête, boire, fumer et Esther. C'est un jeune homme qui aime faire du théâtre, surtout sur le personnage qu'il campe lui ressemble beaucoup même si des décennies les séparent. Il aime se balader en tenue d'Adam et nous parler de ses attributs masculins un peu trop souvent.
Je n'ai pas compris ou apprécié ce personnage. Il est relativement sympa avec ses amis, surtout avec Hakim et c'est d'ailleurs son seul trait de caractère que j'ai aimé. Certes, il a seulement 17 ans donc je ne m'attends pas à ce qu'il raisonne comme quelqu'un de 30 ans, mais il y a des limites... Pour moi, il est immature, nombriliste, irréfléchi, son vocabulaire est cru et il se comporte de manière peu convenable. J'ai été ado comme tout le monde et j'en ai assez eu dans mon entourage (même récemment) pour savoir que tout le monde ne ressemble pas à Caumes. Il est ce que je n'aime pas chez les gens que ce soit en roman ou en dans la vraie vie. Sans compter que ça va cinq minutes de nous parler de "ses couilles" ou de "sa bite". Je ne m'attendais pas du tout à cela et clairement j'ai vite été refroidie.

Hakim est le meilleur ami de Caumes depuis de nombreuses années. Personne ne connaît exactement quelle est son orientation sexuelle et Caumes évite donc de se retrouver dans certaines situations. Hakim est le plus calme et réservé de la bande. L'avenir qui s'offre à lui est loin d'être prometteur. Pour autant, il ne passe pas son temps à se plaindre. Il va rencontrer d'importants problèmes et pourra compter sur le soutien de son ami. C'est un adolescent gentil, discret, correct et réfléchi. Au final, c'est le seul personnage que j'ai su apprécier et qui aura su me toucher. J'ai éprouvé beaucoup d'empathie à son égard.

Esther est le stéréotype de la lycéenne qui traîne avec les mauvais garçon et sort avec le plus rebelle d'entre eux. Après avoir passer des semaines à ignorer Caumes, la voilà qui se décide enfin à lui adresser la parole le soir de son anniversaire. C'est comme ça que commencera leur histoire. Elle paraît plutôt cool et sympa, mais encore une fois, elle ne m'a pas convaincu. Je l'ai trouvé fade, sans réelle personnalité et elle manque cruellement de profondeur pour me satisfaire. Ce que je ne peux pas lui enlever en revanche, c'est sa détermination et son implication pour les causes qui lui tiennent à cœur.

La plume de l'auteur est simple et fluide, mais l'abondance de langage cru et de mots tels que "couilles", m'a rebuté dès le début du livre. Arnaud Catherine aborde plusieurs thématiques malheureusement bien encrer dans la société actuelle : les attaques terroristes, le racisme, l'amalgame, le racket ou harcèlement ou encore l'homosexualité. Des thèmes forts que j'aime retrouver de temps en temps en littérature YA et pourtant...
Moi qui m'attendais à un récit poignant au vu du thème abordé, je ressors déçue comme jamais. Clairement si lors du week-end à 1000 on m'avait pas poussé à le finir car, pour beaucoup il a été un coup de cœur, je l'aurais abandonné aux alentours des pages 40/50. Dès les premières pages, je n'ai pas été emballer du tout, mais j'ai voulu laisser une chance à l'auteur de me convaincre. Lors de ces événements, comme beaucoup, j'ai passé des heures et des heures devant la télévision pour savoir ce qui se passait. J'avais peur que ce livre fasse ressortir toute l'horreur que tout la France a subi à ce moment-là et en fait... rien. Le choix de narration ou de l'intrigue fait par l'auteur m'a laissé hermétique aux événements. Je n'ai jamais réussi à m'immerger dans cette histoire et je peux vous dire que je suis restée largement en surface. Je n'ai pas eu l'impression de revivre ces événements, mais qu'on me les racontait comme si c'était un scénario de film sans que je le voie par moi-même. Je ne sais pas si c'est vraiment clair pour vous et j'ai bien du mal à poser des mots sur ce non ressenti. Cette première saison me laisse un goût amer et je m'arrêterais là pour cette série. Je ne souhaite en aucun cas démonter l'auteur ou le travail qu'il a fourni pour ce livre et je suis peut-être tout simplement passé à côté car j'en attendais plus. Il est pourtant rare que j'ai des attentes en commençant un premier tome. J'aurais voulu vivre plus d'émotions que ce à quoi j'ai eu le droit. Clairement je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir.
Néanmoins, ce livre a tellement d'avis positifs que j'ai longuement hésité à vous faire part de ma déception le concernant. Peur de mal m'exprimer, peur de blesser les gens qui pourraient lire cet avis alors qu'ils l'ont aimé ou peur de blesser l'auteur si il venait à me lire. Si cette lecture vous tentez, je vous conseille vivement de lire d'autres avis afin de peut-être vous confortez dans votre choix.
Etant une adepte de la seconde chance, si l'auteur publie un roman en dehors de cette série, je lui laisserais la sienne et aviserais ensuite concernant le fait de continuer ou non à lire ses écrits.
Extraits :

"Parfois je me dis que si je disparais de la conversation que je cesse de la mater tout le temps, elle va finir par prêter attention à moi. Mais ça marche jamais, et pourquoi je ne retiens jamais la leçon : tu t'effaces, tu espère ton absence plus apparente que toi, tu te fonds dans le bois élimé du gradin, tu penses manquer à tout le monde, et à elle, Esther, plus particulièrement, mais en fait : rien, que dalle, tu disparais et c'est tout, soirée d'anniversaire ou pas, tu ne manques à personnes, et surtout pas à elle, il n'y a pas de miracle; pour se faire remarquer, il faut exister."

"Je me savonne comme un dingue, même si c'est à l'intérieur qu'il faudrait passer le Kärcher. Dans le petit haut-parleur de mon portable, le type de Fauve s'égosille : Elle est où ta passion? Elle est passée où ta gaule de six mètres de long? Oh, t'inquiètes, elle est là, bien là, j'ai super envie de me branler mais je n'ai pas trop le temps. Et puis, à partir de maintenant, tout est pas pour Esther. Est-ce qu'on couchera ensemble? Quand? Putain, je n'ai jamais ressenti ça, dans ma poitrine et dans ma bite, les deux en même temps. C'est un signe, non? Combien de temps vais-je devoir tenir avant de pouvoir considérer que je suis officiellement son amoureux son mec et elle mon amoureuse ma meuf?"

"Si quelqu'un sait quoi faire de ce qui arrive dans mon bide et dans ma tête, qu'il me le dise au plus vite : à Paris, des gens sont morts et, pendant ce temps-là, je ressasse comme un crétin : je voudrais notamment comprendre pourquoi Esther n'a pas pris la peine de m'écrire que tout va bien pour son frère... Indécent, pas vrai? J'ai honte. Voilà la vérité. Et la honte ne date pas d'aujourd'hui. J'ai honte depuis mercredi matin. Honte d'être amoureux. Honte d'être tout à mon obsession et de n'être pas totalement assailli - quoiqu'assailli quand même - par la sauvagerie qui paralyse mon pays. Impression de ne pas avoir le droit de vivre ça? Est-ce la faute si le pire et le meilleur sont survenus au même moment?"

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