mercredi 22 mars 2017

Celle dont j'ai toujours rêvé de Meredith Russo



Éditeur : Pocket Jeunesse
Parution : 2 février 2017
Pages : 306
Prix : 17€90

Synopsis :

Amanda Hardy arrive dans un nouveau lycée. Comme beaucoup, elle souhaite avant tout s'intégrer. Mais malgré sa popularité, un secret l'empêche de s'ouvrir aux autres. Sa rencontre avec Grant remet tout en question. Il est le premier garçon qui parvient à lui faire baisser sa garde. Amanda comprend que pour être heureuse, elle soit se révéler, au risque de tout perdre.

Car le secret d'Amanda c'est qu'avant, elle s'appelait Andrew.

Mon avis :

J'ai découvert ce roman grâce à l'auteure Cindy Van Wilder avant sa parution française. Lors d'une vidéo sur des romans LGBTQ+, elle a évoqué celui-ci et j'ai eu envie de sauter dessus.
Je remercie donc Cindy pour la découverte et Stella pour cette lecture commune.


Dans ce roman, nous allons suivre Amanda dans son nouvel environnement. Très rapidement, on apprend que la belle Amanda s'appelait Andrew il n'y a encore pas si longtemps. On va la suivre au quotidien, dans une nouvelle ville, un nouveau lycée...une nouvelle vie. Elle qui souhaite se fondre dans la masse va très vite se rendre compte qu'au contraire, elle attire tous les regards.
On découvre son présent mais aussi son passé à travers des passages entre deux chapitres. On prend conscience de ses doutes, ses angoisses, ses joies, ses peines, etc... qu'elle soit dans la peau d'Andrew ou d'Amanda.
Saura-t-elle enfin s'accepter pleinement? Osera-t-elle avouer la vérité?


J'ai été profondément toucher et émue par son personnage. Je me suis attachée à elle dès les premières pages même si il m'est impossible de m'identifier à elle vu la nature de son histoire. Mais on peut se retrouver dans les questionnements qui nous assaille au lycée. Amanda a eu une vie difficile que je ne souhaiterais à personne. Quand elle part vivre chez son père, on fait la connaissance d'une jeune fille brisée. Elle espère pouvoir recommencer, ou plutôt devrais-je dire, commencer sa vie. Très vite, elle se fait accepter par tous, mais elle ne cesse de se questionner sur les réactions de ses proches si ils découvraient le pot aux roses.
On va suivre sa reconstruction tout au long de ces 306 pages. Ses espoirs, ses désillusions, ses moments de bonheur et de tristesse, ses certitudes et ses doutes, ses différentes découvertes. A mes yeux, c'est bien cela la force du roman.

Grant est un lycéen charmant. Il est plutôt beau gosse, c'est un athlète, il est joyeux et gentil. Mais derrière ses apparences de lycéen populaire et parfait, lui aussi cache un secret. Je dois dire que ce n'est pas à cela que j'avais pensé pendant ma lecture. Du coup, cela m'a agréablement surprise. En faisant cette découverte, j'ai été très toucher. Sa vie n'est pas aussi facile qu'il le prétend même si il a visiblement un don pour la cacher à tout le monde. Il est attendrissant, courageux, volontaire, déterminé, intelligent, doux, prévenant et charmeur. Grâce à Amanda il revit et peut enfin montrer sa véritable personnalité. 
Ils s'aideront mutuellement à se reconstruire sans pour autant savoir qu'ils en ont autant besoin l'un que l'autre. Leur relation est belle et fait rêver malgré le contexte.
A un moment donné on a envie de lui dire réveilles-toi et bouges-toi, même si on peut comprendre pourquoi il réagit comme ça, ça n'est pas très correct.

Le père d'Amanda est un personnage complexe. Pendant des années il a refusé catégoriquement le fait qu'Andrew veule devenir Amanda. Cela l'a conduit au divorce et à des années de silence avec son enfant. Pendant six ans, père et fille n'auront plus aucun contact, jusqu'au jour où on lui demande de l'accueillir chez lui. Il accepte malgré tout, mais il est très réticent envers la situation et ne sait pas comment agir avec sa chair et son sang.
Il est maladroit, anxieux et perdu. Au fil du temps, on voit une évolution, dans le bon ou dans le mauvais sens, mais il prend la peine d'essayer de connaître cet enfant qu'il a en quelque sorte abandonné.
Sa détresse nous touche autant que certaines actions peuvent nous mettre en colère. Il est loin de la perfection, mais apprend jour après jour. De ce fait, c'est un personnage intéressant à suivre.

Les personnages sont complexes, intéressants et travaillés. Ils ne manquent ni de profondeur, ni de crédibilité et font la force du récit. Certains m'ont émus, d'autres énervés ou exaspérés au plus haut point, j'ai ris, j'ai souri, j'ai pleuré, j'ai eu la gorge nouée, j'ai espéré que les choses s'arrangent et j'ai même eu envie d'en frapper un. Une chose est sure, personne ne m'as laissé indifférente.


La plume de Meredith Russo est belle, plaisante, fluide et captivante. J'ai adoré lire ce récit plein de doutes mais également d'espoir. La manière dont elle nous le narre est intelligente et elle n'est pas là pour nous faire plonger dans un drama. Elle nous explique les faits, les tenants et les aboutissants, le plus naturellement possible sans oublier de nous transmettre des émotions. Elle nous raconte une vie d'enfant, d'adolescent mal dans sa peau avec justesse et brio. Même si je ne suis pas naïve au point de penser que les choses se passent toujours "si" facilement, son histoire reste crédible et j'espère sincèrement que parfois, les choses se terminent sur un happy end. Je suis peut-être optimiste, mais il y a forcément des histoires qui finissent bien dans ce monde. C'est juste dommage que d'autres finissent de manière si affreuse parce que les gens ne sont pas prêts à accepter la différence telle quelle soit.

En résumé, une magnifique histoire d'acceptation de soi, de sacrifice et de bonheur qui m'a bouleversé et que je suis heureuse d'avoir lue. Des personnages compliquées, mais qui apprennent de leurs erreurs et grandissent au fil des pages. Un thème encore trop peu abordée en littérature jeunesse et qui nous offre une réflexion sur ce que nous, sommes prêts à accepter ou non. Un récit qui je l'espère sera lu par le plus grand nombre.




Extraits :

"Je me souvenais des premiers jours après mon réveil à l'hôpital, encore vivante. Avec pour seule compagnie les infirmières, ma mère et la télévision : pas d'amis, pas de famille, pas de père. Pour la première fois de ma vie, je me suis demandé s'il se fichait bien que je sois en vie ou non."

"Toutes mes craintes s'étaient envolées pour la soirée. Grant m'a pris la main et je ne l'en ai pas empêché. Nos doigts étaient de la même longueur, ai-je remarqué, mais les siens étaient beaucoup plus larges et puissants. Il m'a entraînée dans la foule et à chaque pas le rythme de la musique faisait bouger nos pieds, mes hanches. On se tournait et se pressait autour de moi mais ça ne me gênait pas."

"Il s'est tourné vers les bois et mes pieds ont avancé sans que ma tête leur en donne l'ordre. Jamais je ne serais libérée de mon passé, il serait toujours là, un trou noir prêt à m'aspirer et m'écraser. Le seul moyen de lui échapper était de continuer à avancer."


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