samedi 13 mai 2017

J'ai avalé un arc-en-ciel de Erwan Ji


Éditeur : Nathan
Parution : 2 mars 2017
Pages : 384
Prix : 16€95

Synopsis :

Je m'appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J'ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l'accent, c'est quand je parle français. Je vis aux Etats-Unis depuis que j'ai trois ans. Cette année, il m'est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique...
Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité... c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.

Mon avis :

Quelque chose dans ce livre et son résumé m'a de suite interpellée sans que je sache pourquoi. J'ai donc plongé dans cette histoire sans savoir à quoi correspondait le titre, je ne l'ai deviné que bien plus tard...

Dans ce roman, on découvre Capucine dite Puce. Elle a dix-sept ans et, est lycéenne. Elle habite en Amérique mais parle couramment le français grâce à son père dont c'est la langue maternelle. De ce fait, elle a l'habitude de le pratiquer et de visiter notre beau pays. Cette année est celle de la terminale pour Capucine et ses amis. L'année de tous les risques, toutes les découvertes, des doutes, des espoirs, de l'avenir qui se profile de plus en plus nettement, de la remise en question de soi-même, des amitiés, des amours, des embrouilles, des désillusions, des certitudes, mais aussi celle qui vous fait passer de l'adolescence à l'âge adulte. 
On va la suivre des grandes vacances précédent sa dernière année de lycée à la période de remise des diplômes pour ceux et celles qui auront briller pendant leur scolarité.
Puce a décidé de nous raconter ce passage important de sa vie à travers ses articles de blog, ce qui ajoute ce petit côté à la fois intime et public au récit. 

Puce est une héroïne intéressante à suivre. Elle nous livre ce qui est ancré au plus profond d'elle-même comme si elle parlait à son journal intime. Cela crée une certaine proximité avec le lecteur et est appréciable. Elle est drôle, intelligente, à la tête sur les épaules, se pose beaucoup de questions sur son avenir aussi bien privé que sur sa future vie d'étudiante, elle a du caractère, elle est franche, joyeuse, attachante, aime lire et n'hésites pas à se remettre en question pour avancer.
Grâce à elle, on en apprend plus sur cette fameuse culture américaine qu'on voit tant dans les séries télévisées ou dans l'univers cinématographique. Elle nous explique les expressions courantes employées par ses amis et elle-même et tente de nous donner l'équivalent en français. On découvre qu'il y a énormément de différences entre nos deux continents concernant les méthodes d'enseignements, les examens ou encore ces fameux bals de promo que nous ne connaissons pas dans notre pays. Elle s'accroche et est déterminée à s'en sortir dans un monde qui n'est pas forcément le sien. En effet, elle étudie dans un lycée prestigieux, mais seulement parce que sa mère y exerce son métier et qu'elle a pu obtenir une bourse. Sans cela, sa famille n'aurait probablement pas les moyens de payer la fortune réclamée pour ce genre de prestations. Pour les aider, elle se prend un travail en tant qu'étudiante. C'est une jeune fille volontaire qui n'est pas du genre à se plaindre sans arrêt.
J'ai appris pas mal de choses grâce à elle et j'ai aimé la suivre tout au long du récit.

Sara est la meilleure amie de Puce. Sa confidente, son épaule pour pleurer, celle avec qui elle partage les commérages, les fous rires, mais aussi les pensées moins joyeuses. Elles sont très proches même si Sara est un peu jalouse de l'amitié naissante entre Puce et Aiden. Elle se sent délaissée et abandonnée. C'est un personnage assez excentrique, butée, intelligente, drôle et au tempérament de feu. Elle n'est pas forcément très observatrice sur certains points et la mission de lui faire ouvrir les yeux est malheureusement toujours pour Puce. Elle peut-être aussi douce et sensible que caractérielle et chiante. Elle a deux facettes que je n'ai pas toujours compris. De plus, elle juge un peu trop facilement ses amis sans prendre la peine de discuter calmement avec eux et d'essayer de se mettre à leur place ou de les comprendre. J'avoue que j'ai un peu de mal avec ce trait de caractère. Néanmoins, elle apporte un petit grain de folie à l'histoire qui n'est pas pour me déplaire.

Puis il y a Aiden, une jeune fille au look décalé et ouverte d'esprit. Elle est joyeuse, douce, un peu folle sur les bords (mais dans le bon sens du terme), attentionnée et délicate. C'est une musicienne mais également une dessinatrice à ses heures perdues. Elle est intelligente, ne fais rien comme tout le monde et ressemble fortement à un électron libre. Elle se fout royalement de l'avis, du regard et du jugement des autres. Elle a une autre "particularité" si je puis m'exprimer ainsi, mais si vous voulez savoir ce qu'il en est, il vous faudra lire le lire par vous-même. Je vous donne juste un indice : regardez bien la couverture. L'amitié qu'il la lie à Puce est belle, authentique et tellement naturelle.
J'ai adoré le personnage d'Aiden, peut-être même un peu plus que celui de notre héroïne. C'est une bouffée d'oxygène au milieu de cet environnement. Elle chamboulera beaucoup de choses sur son passage et j'ai apprécié la direction prise par l'auteur la concernant.

La plume de Erwan Ji est fluide et sans fioritures. Il a fait le choix de retranscrire son histoire sous forme de blog donc forcément ça m'intéresse, ça me parle et crée un certain engouement chez moi à poursuivre rapidement ma lecture. J'ai aimé qu'il prenne le temps de détaillé chaque us et coutume de la société américaine et de nous l'expliquer. J'ai appris pas mal de choses et aborde les choses sous un nouvel angle. On a même le droit à la traduction d'une insulte assez répandue chez nous. Il aborde les différents thèmes principaux de l'adolescence sans tomber dans l'exagération, le drama, le pathétique ou je ne sais quoi d'autre. Il nous livre juste un récit juste et sensible sur toutes les questions que l'on peut se poser à cet âge-là. Il évoque également plusieurs livres et même le phénomène Youtube. Je regrette juste qu'il n'appuie pas plus sur la complexité de certains aspects de son thème principal (celui qui est en rapport avec cette couverture colorée), car on a l'impression que tout est finalement assez facile et banale. Pourtant, on est souvent très loin de la vérité et ce même en 2017!
Il s'agit de son premier roman et je dois dire que je suis plutôt convaincue par sa manière d'écrire, par la sensibilité que l'on ressent à travers les pages et par son envie de ne pas en faire trop. Le second et dernier petit bémol que je donnerais à ce roman est le fait que par contre, je n'ai pas ressentie beaucoup d'émotions. Certaines scènes m'ont énervée et d'autres touchées, mais ce fut assez rare malgré les 384 pages de cette histoire. J'aurais aimé ressentir plus de choses et me replonger aisément dans mes années lycée. 

En résumé, une histoire agréable et bien sympathique qui nous permet à nous, français, de découvrir la culture américaine mais aussi de mieux l'appréhender. Des personnages attachants dans l'ensemble et une plume tout en simplicité et fluidité. J'ai apprécié l'aspect blog du roman qui a su me parler et crée une addiction jusqu'à la dernière page. Des thèmes divers et variés qui peuvent parfois poser de réels problèmes à l'adolescence. Ce roman est la tranche de vie d'une lycéenne qui nous livre ses rêves, ses espoirs, ses doutes et questionnements sur l'avenir. Un livre qui fera écho aux interrogations qu'on a pu avoir au même âge et que je vous recommande car, au final, j'ai passé un agréable moment avec ce livre même si ce n'est pas LA lecture du siècle et que j'ai ressenti un manque d'émotions.



Extraits :

"Sara et moi, on est des Potterheads. On a lu tous les livres de la série huit fois. Ce n'est pas la peine d'essayer de nous coller, parce qu'on sait tout. Quand on se fait des promesses, on jure sur la tête d'un personnage de la série et on doit dire son nom en entier avec les deux prénoms et tout, sinon ça ne marche pas. C'est juste entre Sara et moi, parce que Vaneck, il serait capable de confondre un épouvantard avec un détraqueur, et Soupe, c'est un tel Moldu, je ne serais pas surprise s'il pense que Dumbledore est une marque de slips."

"Le samedi soir, on a des habitudes différentes de celles des Populaires. L'une de nos préférées, c'est de passer la nuit dans une vieille cabane abandonnée qu'on a aménagée dans la forêt. Soupe l'a trouvée quand il avait dix ans. On a passé une bonne partie de nos weeks-ends de deuxième année à la rénover pour en faire notre quartier général. On fait des feux de camp, on se raconte des histoires effrayantes, on fait griller des marshmallows, Soupe joue de la guitare, Sara nous raconte les derniers potins, Vaneck imite les profs, on refait le monde, on glisse de fausses araignées dans le sac de couchage de Soupe, et pour les occasions spéciales, on fume un ou deux joints qu'on a échangés à Seemus contre des pâtisseries que j'ai faites."

"Je me suis assise au fond près de la fenêtre. J'ai attrapé Nos étoiles contraires dans mon sac à dos et j'ai commencé à lire. Au lycée, tous ceux qui lisent l'ont déjà lu, mais moi j'ai tellement de livres sur ma table de nuit que j'ai souvent un wagon de retard sur les autres. Quand j'étais somophore, j'ai entendu parler de "Peeta" et de "Gale" pendant des mois sans savoir de qui il s'agissait, et quand j'ai enfin lu Hunger Games, ça n'intéressait plus personne."

Je dois dire que ce dernier extrait me correspond tout à fait.

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