dimanche 11 mars 2018

Le mot d'Abel


Auteure : Véronique Petit
Éditeur : Rageot
Parution : 28 février 2018
Pages : 188
Prix : 12€90 (papier)
Genre : Jeunesse
Lu en : numérique
Lecture : Service Presse

Âge : dès 12 ans

Synopsis :

Dans le monde d'Abel, rien n'est plus important que le mot révélé à chacun vers l'âge de 12 ans. Un mot personnel et intime qui conditionne souvent la vie entière. En retard de plusieurs mois, Abel vit dans l'angoisse d'hériter d'un mot dérisoire ou ridicule, ou pire, d'un mot noir... Un matin, il découvre le mot de Clara, la fille dont il secrètement amoureux, tagué en lettres rouges sur le mur du collège!
Qui a pu commettre un tel crime?


Mon avis :

Pourquoi ce livre a rejoint ma PAL?

Au fil de mes lectures provenant de cette maison d'édition, je suis de plus en plus conquise par ce qu'elle publie. Les thèmes sont souvent d'actualités, de sociétés, forts, émouvants et nous font nous interroger. Décidément, je suis fan!

Les personnages :

Abel est un adolescent de 13 ans. Il vit avec ses deux sœurs et leur tante, Angie depuis la mort de leurs parents lorsqu'il n'était encore un enfant en bas âge. Son rêve est de devenir pompier/policier/etc... En gros, un super héros des temps modernes et réel. Il s'entraîne tous les week-end pour devenir pompier avec Camille, son meilleur ami. Il espère sincèrement que son mot n'entravera pas ses projets. Il ne le connaît toujours pas et se pose énormément de questions. Il est en proie au doute et à la peur de ne jamais le recevoir ou de se voir condamner par ce dernier. Ses interrogations, sa peur et sa personnalité ont sut me touché. Secrètement amoureux de Clara, une fille populaire de son collège, il sera surpris de voir son mot mis à nu et triste pour elle. Cela provoquera plus ou moins un déclic chez notre jeune personnage.
Camille a une carrure imposante. Au bout d'un moment, il devient distant, semble déstabilisé et l'on comprend vite que sa révélation a eu lieu sans qu'on comprenne son comportement.
Il est plutôt du style à agir et à réfléchir ensuite ce qui risque fortement de lui nuire. Il est assez impulsif et mystérieux.
Clara est une jeune fille populaire, aimé par tous, toujours bien entourée mais lors de la révélation de son mot, ses "amis" lui tournent rapidement le dos sans le moindre remord. Elle sera alors mise à l'écart, subira des moqueries incessantes et son quotidien apparemment plaisant jusque là, se transformera vite en cauchemar. Néanmoins, elle aura un soutien inattendu et qui lui réservera bien des surprises. J'ai eu beaucoup de peine pour elle. Je sais ce que c'est de subir un acharnement de ses camarades d'écoles, d'être isolée (comme beaucoup d'autres personnes) donc forcément je ne pouvais qu'être émue par Clara. 

L'intrigue :

Je ne saurais dire si ce titre jeunesse possède un petit côté fantastique ou si celui-ci, ne serait peut-être pas plus dystopique. J'ai beaucoup aimé l'univers, l'angoisse que peut susciter l'attente de la révélation, les questions de société soulevées ici, le fait que ça pousse le lecteur à s'interroger sans pour autant lui faire la morale. C'est juste une question d'ouverture d'esprit et de considérer les choses sous un autre angle. Le récit prend place en Île-de-France et c'est appréciable que le récit se passe dans notre pays. On ne sait pas en quelle année on évolue, mais je n'ai pas trouvé cela dérangeant. L'auteure nous donne suffisamment d'indices pour visualiser le décor dans lequel prend place l'intrigue. Le fait que son mot est une partie si intime de soi m'a énormément plu. Il y a aussi un autre élément que j'aime beaucoup. Pendant un cours de français, un débat aura lieu et permettra à chacun de s'exprimer sans tabou. Il nous permet d'en apprendre davantage et de donner des idées.

L'auteure :

Véronique Petit a une plume agréable à lire. On ne s'ennuie pas un instant, entre questionnement de nos personnages, révélations, nos propres interrogations sur notre société et du mystère sur qui a pu commettre un tel acte, on a de quoi être occupé.
De plus, chaque chapitre possède un titre et les nombreux dialogues permettent une lecture dynamique, intéressante et fluide. 
C'est la première histoire que je lis de cette auteure et je pense que je pencherais volontiers sur d'autres titres.
Le seul bémol serait la fin et encore... En fait, je me demande si il y aura une suite ou non. Si oui, je comprend totalement la fin. Maintenant, si c'est un livre unique, j'avoue que j'aurais aimé en apprendre davantage sur la suite des événements.

En résumé :

Un court roman jeunesse qui permet, je le pense, une lecture différente selon l'âge du lecteur. Les plus jeunes seront sans doute happé par le côté enquête et la révélation des mots des personnages. Les plus grands prendront sans doute plus de temps pour la réflexion qu'entraînera cette lecture. En tout cas, un univers original, intéressant et plaisant à découvrir. Des personnages auxquels on peut facilement s'attacher et qu'on prend plaisir à suivre. Une plume fluide et agréable qui nous fera passer un agréable moment de lecture.

Ma note :

Extraits :

"J'aimerais tellement savoir. Mais les mots sont secrets. Ils appartiennent à l'intimité de chacun. Dévoiler son mot, c'est encore plus fort que de se mettre nu devant quelqu'un. Révéler son mot, c'est exposer la partie la plus profonde de soi, la plus personnelle. C'est ce que n'arrête pas de nous répéter tante Angie.
Il arrive malgré tout que certains proclament leur mot. Des personnages publics. Qui portent leur mot en bandoulière tant ils en sont fiers."

"- Ils nous aimaient plus que tout, je murmure. C'est ce que nous répète tante Angie. Qu'Evy, Lou et moi étions leurs trois trésors. Parfois, quand je regarde le ciel, les nuits d'été, je me dis qu'ils sont là, quelque part, que même la mort ne peut rien contre un amour aussi fort. Alors je me concentre et je choisis une étoile, la plus belle, et la plus brillante. Je la fixe de toutes mes forces, jusqu'en avoir mal au cou."

"Juste accepter ce qu'on est, où en est, parce que c'est ça la vie. Tu prends ce que tu es, et tu fais avec, parce qu'on ne change pas son destin. il n'y a que dans les contes de fées où les reines épousent les crapauds, où les morts reviennent à la vie par la magie d'un baiser.
Jusqu'à ce matin, jusqu'à ma révélation, c'est ce que je croyais, ce que je trouvais normal.
Un mot, une place.
Un mot, une vie."


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